Jean-Claude Izzo
Collège
MARSEILLE
 

Une visite à l’IMBE

lundi 17 décembre 2018, par Mme Waterson

Sandra Greck et Frédéric Guibal nous ont accueillis à l’IMBE et nous ont présenté leurs métiers.

Sandra Greck est xylologue (scientifique qui détermine l’essence d’un bois) et tracéologue ( scientifique qui étudie les traces laissées par les hommes sur le bois lorsqu’ils l’ont travaillé). Elle travaille pour une entreprise privée qui s’appelle Ipso Facto, entreprise coopérative qu’elle a créée avec des collègues archéologues il y a environ 10 ans.
Frédéric Guibal est dendrochronologue (scientifique qui détermine la datation d’un arbre, - la période où il a vécu, la date d’abattage, l’âge de l’arbre quand il a été abattu et le lieu où il a vécu). Il travaille pour le CNRS, entreprise publique de recherche scientifique.

Ils nous ont présenté l’ensemble du projet "chaland Arles Rhône 3" puis nous ont reçu chacun dans leur laboratoire pour nous expliquer leur travail.

Sandra Greck s’est occupée de définir les essences des bois qui ont été utilisés pour fabriquer le chaland. Pour cela, elle a récupéré des échantillons de chaque pièce de bois. Elle a d’abord défini le "sens" du bois de manière à récupérer trois échantillons de chaque pièce suivant les plans radial, transversal et tangentiel du bois.

Elle observe ensuite ces échantillons à la loupe binoculaire et si besoin au microscope.

Elle va ensuite comparer ses observations à une banque de données qu’elle trouve dans des atlas des structures cellulaires des bois ou sur des lames de référence qu’elle a elle même préparées et gardées comme un "dictionnaire des bois".


Les élèves ont ainsi pu observer et définir un échantillon de bois prélevé sur un pilône datant de plusieurs siècles et trouvé à Fos sur Mer. Ils sont unanimes : il s’agit bien de chêne !

Ses études sur le chaland ont pu définir les différents bois qui ont servi à la fabrication du chaland : les menuisiers se sont servi de chêne caducifolié, de sapin, d’épicéa et de pin sylvestre. Le mât du chaland qui a été retrouvé, et c’est exceptionnel, a été fabriqué avec un tronc de frêne.

Ses études tracéologiques (étude des traces des outils qu’ont laissées le travail des hommes sur le bois) lui a permis de définir que les menuisiers ont utilisé des scies à cadre, des herminettes, des haches et des ciseaux à bois, chacun de ces outils laissant des marques caractéristiques sur le bois.

Frédéric Guibal s’occupe de la datation des arbres qui ont permis la construction du bateau.

Pour faire ses analyses, il va compter les cernes de croissances des arbres qui lui sont confiés.

Pour cela, il dispose d’une loupe binoculaire équipée d’une cible qu’il déplace de cerne en cerne. Cette loupe est reliée à un ordinateur qui transforme la distance entre chaque cerne en une courbe de croissance de l’arbre.

La longueur de chaque cerne est représentative d’une année et dépend des conditions météorologiques de l’année.
Il va donc obtenir une cartographie de la croissance de l’arbre qu’il étudie. Il pourra ensuite comparer cette courbe de croissance avec une base de données qui contient, par zones géographiques, parfois très restreintes, des étalons de croissances des arbres.

Il a ainsi pu définir la date d’abattage des arbres et donc de construction du chaland ainsi que les lieux de pousse de ces arbres. Les chênes, par exemple, ont été abattu en 50 après notre ère. L’un d’eux avait 159 ans et tous provenaient de la région de Châlons sur Saône (zone précise à 30 Km près) !

 
Collège Jean-Claude Izzo – 2, place Espercieux - 13002 MARSEILLE – Responsable de publication : Mme. Grazi
Dernière mise à jour : jeudi 17 janvier 2019 – Tous droits réservés © 2008-2019, Académie d'Aix-Marseille